Les entreprises établies dans l’UE qui commercialisent moins d’une tonne d’emballages dans un autre État membre pourraient être exemptées, jusqu’en 2032, de l’obligation de désigner un représentant local dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur (REP). Les obligations d’enregistrement, de déclaration et de financement resteront toutefois en vigueur.
L’Union européenne franchit une nouvelle étape vers la simplification des exigences relatives à la responsabilité élargie du producteur (REP) dans le cadre du règlement sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR).
Le 21 octobre 2026, le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position de négociation, selon laquelle l’obligation faite à certains fabricants d’emballages de désigner un représentant autorisé dans d’autres États membres de l’UE sera temporairement suspendue.
Si cette proposition était adoptée, elle pourrait réduire considérablement les coûts administratifs pour les entreprises qui vendent des produits emballés au-delà des frontières, en particulier pour les petites entreprises et les commerçants en ligne.
Toutefois, l’exception proposée est limitée. Elle supprimerait une exigence administrative, mais pas les obligations sous-jacentes en matière de responsabilité élargie du producteur (REP). Les entreprises devraient continuer à connaître leurs responsabilités sur chaque marché national.
Que propose exactement l’UE ?
Conformément à l’article 45, paragraphe 3, de la directive PPWR, les fabricants établis dans un État membre de l’UE qui mettent à la disposition des consommateurs finaux, directement dans un autre État membre, des emballages ou des produits emballés, doivent désigner dans ce pays un représentant autorisé aux fins de la responsabilité élargie du fabricant.
Le Conseil propose de suspendre temporairement cette obligation dans les conditions suivantes :
- Moins d’une tonne d’emballages par an : le fabricant doit fournir moins de 1 000 kg d’emballages dans l’État membre concerné au cours d’une année civile.
- Siège dans l’UE : l’exception s’appliquerait aux producteurs dont le siège se trouve dans un État membre de l’UE et qui exercent leurs activités dans un autre État membre.
- Vérification spécifique par pays : le seuil serait calculé séparément pour chaque État membre de destination.
- Mesure d’assouplissement temporaire jusqu’en 2032 : la suspension serait valable jusqu’au 1er janvier 2032, sous réserve de l’accord définitif qui sera conclu dans le cadre du processus législatif.
- Il n’y a pas de restrictions liées à la taille de l’entreprise : contrairement à l’approche axée sur les PME adoptée par le Parlement européen, la proposition du Conseil ne ferait pas de la taille de l’entreprise un critère d’éligibilité, mais se baserait plutôt sur le volume d’emballages.
Important : la limite d’une tonne concerne le poids de l’emballage — y compris l’emballage contenant les produits — et non le poids des produits eux-mêmes.
Quelles entreprises en tireraient profit ?
Cette proposition revêt une importance particulière pour les entreprises établies dans l’UE qui réalisent des ventes transfrontalières, notamment les entreprises de commerce électronique, les entreprises manufacturières, les titulaires de marques et d’autres entreprises qui, aux fins de la PPWR, sont considérées comme des fabricants.
Le critère déterminant ne serait ni le chiffre d’affaires de l’entreprise ni le nombre de salariés, mais la quantité d’emballages mis à disposition pour la première fois dans l’État membre concerné.
Exemples pratiques
| Contexte commercial | Selon la proposition du Conseil, faudrait-il faire appel à un représentant habilité de l'EPR ? |
| Petite boutique en ligne allemande qui livre chaque année 500 kg d'emballages à des consommateurs finaux français | Non – En France, cette dénomination ne serait plus obligatoire |
| Le même distributeur qui livre chaque année 1 200 kg d'emballages à des consommateurs finaux français | Oui : en France, l'indication resterait obligatoire |
| Grande entreprise allemande qui fournit chaque année 800 kg d'emballages à des consommateurs finaux français | Non – En France, cette dénomination ne serait plus obligatoire |
Ces exemples partent du principe que les entreprises relèvent du champ d’application de l’article 45, paragraphe 3. L’exception proposée n’est pas encore en vigueur et toutes les autres obligations applicables en matière de responsabilité élargie du producteur resteraient valables.
Pour les entreprises qui commercialisent leurs produits sur différents marchés de l’UE, cela pourrait rendre inutile la désignation de plusieurs représentants locaux, réduire les coûts administratifs récurrents et simplifier les formalités transfrontalières.
Toutefois, les entreprises dont le siège se trouve en dehors de l’UE ne bénéficieraient pas de cette suspension. Les dispositions de la directive PPWR, selon lesquelles les États membres peuvent exiger des fabricants de pays tiers qu’ils désignent un mandataire, resteraient inchangées.
Quels changements y aurait-il en matière de conformité à la réglementation EPR ?
L’exception proposée concerne exclusivement l’obligation de désigner un représentant autorisé. Elle n’exclut pas la responsabilité du fabricant en matière de responsabilité élargie du producteur.
Les entreprises doivent continuer à se conformer aux exigences nationales en vigueur, parmi lesquelles figurent :
- Registre EPR : inscription au registre national des producteurs concerné, le cas échéant.
- Déclaration des volumes d’emballage : enregistrement et déclaration des volumes d’emballage et des informations relatives aux matériaux.
- Contributions financières : paiement des redevances au titre de la responsabilité élargie du producteur (REP) destinées au financement de la gestion des déchets d’emballages.
- Exigences nationales de conformité : respect des normes et procédures applicables dans chaque État membre.
Il existe en outre une clause de sauvegarde importante : si une autorité nationale compétente constate qu’un fabricant bénéficiant de l’exemption n’a pas respecté ses obligations en matière de responsabilité élargie du producteur (REP), elle peut exiger de ce fabricant qu’il désigne un mandataire.
Le message essentiel pour les entreprises : une charge administrative allégée n’implique pas une responsabilité moindre.
Même si la présence d’un représentant local n’est plus obligatoire, les entreprises doivent néanmoins déterminer leur statut de fabricant, prendre connaissance des exigences nationales en matière de responsabilité élargie du producteur (REP) et gérer des données fiables sur les emballages à des fins d’enregistrement, de calcul des redevances et de déclaration.
Quand ces modifications entreront-elles en vigueur ?
La proposition a déjà bien avancé dans le processus législatif de l’UE, mais elle n’est pas encore entrée en vigueur (mise à jour au 24 octobre 2026).
Résumé des dernières actualités :
| Données | Une étape fondamentale du processus législatif |
| 20 octobre 2026 | Le Parlement européen adopte son mandat pour les négociations interinstitutionnelles |
| 21 octobre 2026 | Le Comité des représentants permanents (AStV/Coreper) parvient à un accord sur le mandat de négociation du Conseil |
| Étape suivante | Négociations entre le Parlement européen et le Conseil sur un texte définitif |
| À la suite de l'accord | Adoption officielle et publication au Journal officiel de l'Union européenne |
| Date d'échéance prévue | 1er janvier 2032 |
| Délai de vérification | La Commission européenne réexaminera la durée de la suspension au plus tard le 31 décembre 2030 |
Selon le projet du Conseil, le nouveau règlement entrerait en vigueur le vingtième jour suivant sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.
Le champ d’application définitif, les conditions et le calendrier pourraient faire l’objet de modifications au cours des négociations. Les entreprises ne devraient donc pas partir du principe que l’exemption proposée est déjà en vigueur.
Cela suffit-il pour simplifier la responsabilité élargie du producteur (REP) dans toute l’Europe ?
La proposition reconnaît un problème de longue date : les exigences en matière de responsabilité élargie du producteur (REP) dans l’UE restent fragmentées, ce qui entraîne des charges administratives et des coûts supplémentaires pour les entreprises opérant sur plusieurs marchés.
La suspension de certaines exigences applicables aux représentants autorisés constituerait une avancée positive, notamment pour les entreprises dont les volumes d’emballages sont relativement modestes dans chacun des États membres.
Cependant, l’approche du Conseil présente également une limite importante : une entreprise commercialisant 900 kg d’emballages sur le marché national pourrait bénéficier de facilités, tandis qu’une entreprise dont le volume ne dépasse que de 100 kg ce seuil devrait, dans tous les cas, désigner un représentant agréé. Cela crée un seuil arbitraire qui, s’il peut réduire les charges administratives dans le cas de très petites quantités d’emballages, n’apporte toutefois qu’un maigre soulagement aux autres entreprises, y compris les PME. Par conséquent, le défi fondamental posé par la fragmentation des exigences nationales en matière de responsabilité élargie du producteur (REP) reste sans solution.
Le défi principal va au-delà de la question des représentants agréés. Les différents systèmes nationaux d’enregistrement, les formats de déclaration, les délais et les barèmes tarifaires continuent de compliquer le respect de la responsabilité élargie du producteur (REP) pour les entreprises opérant au niveau transfrontalier.
La future loi de l’UE sur l’économie circulaire (Circular Economy Act) devrait prévoir une harmonisation et une simplification accrues des systèmes de responsabilité élargie du producteur (REP).
D’ici là, les entreprises auront besoin de processus tenant compte à la fois des différences nationales et des évolutions réglementaires constantes.
En ce qui concerne l’approche du Parlement européen, axée sur les petites entreprises, nous vous invitons à lire notre article précédent sur la proposition du Parlement relative aux PME.
Que devraient faire les entreprises à présent ?
Au lieu d’attendre l’adoption définitive de la réglementation, les entreprises qui commercialisent des produits emballés sur différents marchés de l’UE devraient vérifier dans quelle mesure la responsabilité élargie du producteur (REP) les concerne et se préparer à d’éventuels changements.
Les tâches prioritaires consistent à préciser dans quels cas une entité est considérée comme un producteur, à déterminer les volumes annuels d’emballages dans chaque pays, à vérifier les obligations en vigueur en matière d’enregistrement et de représentation, et à mettre en place des processus fiables pour la collecte de données et l’établissement de rapports.
Une approche structurée aide les entreprises à détecter les éventuelles exceptions, évitant ainsi les manquements réglementaires et les coûts administratifs inutiles.
En quoi PackIntelX favorise-t-il le respect de la responsabilité élargie du producteur (REP) ?
Les règles simplifiées ne suppriment pas les obligations relatives à la responsabilité élargie du producteur (REP). Les entreprises présentes sur plusieurs marchés de l’UE doivent continuer à assumer leur responsabilité en tant que producteurs, à gérer les exigences spécifiques à chaque pays et à garantir une déclaration correcte de leurs volumes d’emballages. PackIntelX aide les entreprises à gérer cette complexité en leur fournissant des conseils réglementaires et une gestion numérique de la REP.
Nos services comprennent :
- Conseil et mise en œuvre de l’EPR : identifier les obligations des fabricants, définir les exigences relatives à l’enregistrement et aux mandataires, et coordonner la mise en œuvre avec les partenaires locaux.
- Rapports EPR et gestion numérique : structurer les données relatives aux emballages, calculer les cotisations EPR dues, y compris l’écomodulation, et préparer les déclarations spécifiques à chaque pays.
- Optimisation des coûts et de la conformité réglementaire : garantir une plus grande transparence des coûts liés à la responsabilité élargie du producteur (REP), réduire la charge de travail manuel et adapter les processus à une réglementation en constante évolution.
Souhaitez-vous connaître les implications pour votre entreprise des dernières évolutions en matière de responsabilité élargie du producteur (REP) ?
Grâce à notre nouveau guide sur la responsabilité élargie du producteur (REP), vous pourrez avoir une vue d’ensemble de vos obligations dans chaque État membre de l’UE.
Vous pouvez également contacter notre équipe d’experts pour clarifier vos obligations en matière de responsabilité élargie du producteur (REP) et déterminer l’approche la plus efficace pour votre entreprise.
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Sources officielles
- Conseil de l’Union européenne, mandat de négociation, 21 octobre 2026, document 14765/26, dossier interinstitutionnel 2025/0395 (COD).
- Conseil de l’Union européenne, Simplification : le Conseil adopte sa position de négociation visant à réduire les charges administratives pesant sur les petits producteurs d’emballages, communiqué de presse n° 841/26, 21 octobre 2026.
- Parlement européen, rapport A10-0266/2026.
- Règlement (UE) n° 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, article 45.



